Julia Lheureux, tapissiere et fondatrice de Pique et Clou

« 24h dans… » l’entreprise de tapisserie Pique et Clou

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Plus atypique qu’un atelier d’artisan classique, l’entreprise de tapisserie Pique et Clou est le lieu de la décoration en ameublement. Nous avons passé 24h avec sa fondatrice. Rencontre.

Aujourd’hui, c’est Julia Lheureux, créatrice de Pique et Clou, une entreprise de tapisserie, qui nous reçoit. En 2018, elle décide de créer son entreprise et de faire vivre différemment le métier de la tapisserie :  » Je suis une femme certes, mais j’ai la volonté de vouloir faire ce métier et de revenir au traditionnel, gage de longévité et de qualité ! »

Le choix du local se porte sur la réhabilitation d’une ancienne école primaire de la commune de Wackenbach, proche de Schirmeck en Alsace. Dans une ambiance scolaire et enfantine, parmi les anciens mobiliers de classe, nous retrouvons l’atelier de Julia :  » C’était l’endroit idéal ! Ici se retrouve un collectif d’artistes et d’artisans, Art’bre. Nous profitons des grandes salles de classe, pour y créer des boutiques permanentes où chacun peut y exposer ses œuvres. »

La tapisserie, une passion

Les rouleaux de tissus de l'entreprise de tapisserie Pique et Clou

Ce matin, dans une ambiance studieuse, Julia nous fait découvrir son métier et sa passion. Entre les sièges Voltaire, les sièges Louis XV, les fauteuils modernes aux couleurs chatoyantes en exposition, les rouleaux de tissus et le matériel, s’entremêlent les commandes de ses clients.

D’ailleurs, c’est d’un canapé Louis-Philippe, de l’époque de la Restauration, dont Julia s’occupe à notre arrivée. D’une main de maître, elle restaure cette pièce avec respect : elle appointe avec des semences, répétant les gestes traditionnels, couvre l’ensemble d’un tissu blanc, puis du tissu sélectionné par son client.

Julia restaure un canapé Louis Philippe.
Julia restaure un canapé Louis-Philippe.

Tapissière, c’est un métier que Julia a choisi sur le tard. Férue de travaux manuels et pleine de créativité, elle décide de se réorienter et de passer un CAP ( Certificat d’Aptitudes Professionnels ) en tapisserie, ne trouvant plus son bonheur comme Éducatrice spécialisée : « La tapisserie se féminise de plus en plus. Contrairement à ce que l’on pense, tout n’est pas question de force mais de technique. Les femmes amènent aussi une touche de créativité supplémentaire dans leurs conseils ( rires ) ! »

Restauration complète par Pique et Clou, l'entreprise de tapisserie..

Désormais, Julia restaure, garnit, crée, coût et conseille ses clients sur l’entretien, les matières et les couleurs des tissus : « Le métier de tapissier se perd et est peu connu de nos jours, du grand public. J’aimerai, dans quelques années, ouvrir des cours de tapisserie pour transmettre mon savoir aux personnes intéressées. »

La matinée se termine par de l’organisation familiale, quelques mises à jour de devis et un appel client.

Un savoir-faire traditionnel

Après la pause déjeuner, Julia décide d’orienter son après-midi sur la finition d’une commande : le garnissage d’anciennes chaises de salon. Il lui faudra alors une bonne heure pour dégarnir correctement l’assise d’une des chaises. Là, le constat est sans appel ! La mousse et les lattes utilisées à l’époque, sont hors d’usage.

Julia degarnit une assise.

D’ailleurs la mousse, ce n’est pas le matériau que préfère Julia : « Je préfère utiliser du crin végétal, particulièrement celui de coco et garnir les fauteuils de manière traditionnelle. Les assises auront une durée de vie beaucoup plus longue ! »

S’ensuive alors une succession de gestes précis : appointements d’une toile forte, couture des lacets à crin, cardage du crin – comprenez, aération du crin pour lui donner un volume satisfaisant – , emballage de l’ensemble par de la toile de jute, puis les poses de la ouate et des tissus.

Le crin prêt à être enroulé.
Le crin de coco prêt à remplir l’assise.

La fin de journée arrive et la fatigue commence à se lire sur le visage de Julia. Son travail de garnissage n’est pas encore fini et il lui reste encore quelques points administratifs et de communications à résoudre. A 18h, une cliente vient prendre sa commande, un siège Voltaire tout juste restauré. Ravis du résultat, elle passe une deuxième commande. C’est donc sur une note de fierté que se termine notre voyage chez Pique et Clou.

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