Carole Ferry : “Reprendre une entreprise nécessite de mettre sa touche personnelle !”

Carole Ferry est propriétaire d’une boutique de chaussures, Chaussures Carole, dans la vallée de la Bruche en Alsace. À son compte depuis plus de 15 ans aujourd’hui, c’est la transmission du savoir-faire et l’expérience de son ancienne patronne, Simone, qui l’a poussé à entreprendre et à racheter l’entreprise. Témoignage.

1- Carole, tu es aujourd’hui à la tête de ta propre entreprise, Chaussures Carole. Comment es-tu arrivée dans le monde de l’entrepreneuriat ?

Par hasard ! ( rires ) À ma sortie de 3ème, un de mes professeurs m’a présenté à son ex-femme, Simone, qui à l’époque cherchait une apprentie pour travailler avec elle dans sa boutique. J’ai donc passé deux ans auprès de Simone, dans le cadre de mon apprentissage. Elle m’a ensuite gardé ! Je suis restée avec elle, 20 ans ! ( sourire ) C’est l’ancienne propriétaire de mon magasin. ( sourire ) Simone m’a tout appris du métier : les bases de la vente, le conseil, l’écoute du client et de ses besoins… C’est un savoir-être et un savoir-faire qui restent assez éloignés des méthodes de vente des grandes enseignes aujourd’hui ! ( sourire )

2- Est-ce qu’on peut parler de véritable passion pour ton métier ? Est-ce que finalement, Simone ne t’aurait pas transmis plus qu’un savoir-faire ?

Oui, complètement ! ( sourire ) Je crois même que je faisais tout comme elle ! À cette époque, j’étais imprégnée par son savoir-faire. Aujourd’hui, je mets ma petite touche personnelle, même si parfois, je me surprends encore à faire du mimétisme ! ( rires ). À la reprise de l’entreprise en 2002, j’ai donc mis en vente des modèles différents, pour une clientèle différente.

3- Comment fait-on justement, lorsque l’on reprend une entreprise, pour s’imposer comme nouvelle gérante et imposer sa touche auprès d’une clientèle fidélisée ?

C’est difficile… Tu doutes beaucoup plus ! ( sourire ) Tu te demandes, si tes choix sont corrects, si ta clientèle visée va venir… Si tes goûts personnels vont plaire ! La clientèle fidèle que Simone avait, au final, je l’ai un peu perdue mais à l’inverse, je m’en suis créé une nouvelle ! Mon réel challenge, était de garder les habitués, tout en leur proposant des produits nouveaux. ( sourire ) En fait, j’ai effectué la transition de rachat par le changement !

4- Est-ce que tu n’as pas eu un problème de légitimité dans cette phase de transition ?

Oui complètement ! Je dirai même que c’est normal d’avoir eu ce sentiment-là. ( sourire ) C’était une nouvelle aventure pour moi où l’inconnu était fortement présent. Le doute avait donc sa place ! ( rires ) J’étais assistée pendant plusieurs années dans mes choix et ma façon de faire, puisque j’étais la salariée de Simone. Je me reposais à cette époque sur elle ! Je n’étais pas la cheffe de cette entreprise.
Aujourd’hui, c’est différent ! Je suis ma propre patronne donc tous mes choix reposent sur moi ! ( rires ) Du coup, il est normal que parfois je doute ; que je me demande si je vais réussir ou non… Pour me défaire de ça, je me suis bien entourée : mes enfants, mon comptable mais surtout Simone ! Et puis les clients m’ont confortée aussi dans mes décisions. ( sourire )

5- Si tu avais un conseil à donner à des femmes qui comme toi, souhaitent reprendre une entreprise dans laquelle elles ont fait leurs armes comme salariées, quel serait-il ?

Écouter les conseils de son prédécesseur : en gardant bien les bases du métier, tout en rajoutant sa petite touche personnelle dans l’entreprise . Il faut aussi suivre l’évolution du marché et se fixer régulièrement des objectifs, petits ou grands. Enfin, il faut croire en soi , c’est très important ! Et être soutenu au quotidien !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :