Marie-Antoinette, Revolution

Marie-Thérèse Charlotte de France : figure oubliée de notre Histoire.

Connaissez-vous Marie-Thérèse Charlotte de France ? Non ? C’est normal ! Fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, seule survivante de la famille royale après la Révolution de 1789, elle est une figure oubliée de notre Histoire. Déterminée, directe, qualifiée parfois d’insensible et de froide, elle lutte toute sa vie pour la sauvegarde de la paix en France, et l’héritage de son rang. Femme exceptionnelle et moderne, elle emprunte même le rôle de cheffe des armées, pour lutter contre l’invasion de Napoléon.

Marie-Thérèse Charlotte de France, surnommée par sa mère, la reine Marie-Antoinette,    » Mousseline la Sérieuse « , est une figure oubliée de notre Histoire. Enfant royal, elle connut durant son enfance bien des épreuves : l’irruption brutale de la Terreur révolutionnaire, la fuite, l’emprisonnement, puis l’exécution de ses parents et la mort de son jeune frère, Louis XVII, dauphin de France. Seule survivante de la prison du Temple, bannit,  » Madame Royale  » vécut jusqu’à 73 ans, sans descendance. Personnage fragil mais au tempérament de fer, nous lui devons ses mémoires, écrits lors de ses années de captivité, et au travers desquels, l’Histoire de la révolution prend un tout autre sens.

 » Je n’aimais pas être à charge et voulais vivre indépendante « 

Bien que son rang et sa naissance, l’oblige à une certaine droiture, Marie-Thérèse n’en n’est pas moins une femme indépendante. Vêtu d’apparat simple, refusant toute excentricité, elle assume une vie bien loin des fastes du Versailles de son enfance. Elle ira même jusqu’à refuser le mariage, prévu par son oncle maternel François II d’Autriche, avec l’archiduc Charles, préférant épouser son cousin, le duc d’Angoulême, fils de son oncle paternel Louis XVIII, pour préserver la lignée des Bourbons :  » Ainsi, je n’étais même plus une prisonnière ou un otage, mais plutôt une marchandise … J’estimais que j’étais placée dans une position bien désavantageuse et bien embarrassante, car il me faudrait décliner le plus diplomatiquement possible la proposition autrichienne… J’avais alors réagi sans ambiguïté, réitérant ma volonté d’épouser le duc d’Angoulême  » ( Mousseline la Sérieuse, de Sylvie Yvert, Editions Héloïse d’Ormesson).

 » Pour le première fois de ma vie, je me comportais en chef, et en homme ! « 

Plus tard, en 1815, alors que la restauration des Bourbons sur le trône de France est en place, la famille de Marie-Thérèse est de nouveau confrontée à l’invasion de Napoléon, alors exilé sur l’Ile d’Elbe. Comme le roi, son oncle, renonce à la lutte, Marie-Thérèse décide d’organiser elle-même la résistance. En vrai cheffe des armées, elle écrit dépêches sur dépêches et demande à son mari de maintenir le Languedoc et la Provence dans le devoir, se chargeant elle-même de Bordeaux et des départements voisins :  » Je savais pertinemment que, sans l’union des soldats et des habitants, nous n’obtiendrons rien… Je passais en revue le régiment d’Angoulême, à cheval… Puis je recrutais des volontaires, envoyais des renforts à mon mari… Pour la première fois de ma vie, je me comportais en chef, et en homme !  » Mousseline la Sérieuse, Livre II, Sylvie Yvert ). Toutefois, face à l’avancée de la milice composée de milliers de paysans et face à diverses trahisons, la famille royale abdique. Si les tentatives de Marie-Thérèse se sont révélées infructueuses, elles lui auront du moins values d’être qualifiées par Napoléon de  » … seul homme de la famille des Bourbons « .

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