Sylvie Gamet, entrepreneure de Nowall Innovation
Photo© Sylvie Gamet

Sylvie Gamet : « Être une femme, ingénieure et entrepreneure demande d’assoir sa légitimité ! »

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Sylvie Gamet est une ingénieure, aujourd’hui entrepreneure. Cela fait 5 ans, qu’avec Nowall Innovation, sa société de conseils en stratégie, management et valorisation de l’innovation, elle guide les entreprises dans leur croissance économique. Aujourd’hui, Sylvie profite du programme Elles Ensemble pour développer son propre business et assoir sa légitimité. Témoignage.

1- Sylvie, tu es ingénieure dans l’innovation. Pourquoi t’être lancée dans l’aventure entrepreneuriale ?

En tant qu’ingénieure, c’est vrai que je ne me suis pas lancée, bille en tête après mon diplôme, dans l’entrepreneuriat. J’ai d’abord eu un parcours salarial, dans le conseil aux entreprises. C’est grâce à ce parcours, que je me suis frottée aux entrepreneurs – en tout bien, tout honneur ! ( rires ) Et très honnêtement, je pense que j’ai pris le virus à leur contact ! ( rires ) Comme le parcours que j’avais, dans cette société de conseils, restait un cadre limitant pour exprimer ce que j’avais envie de faire, j’ai pris la décision de me lancer toute seule. Je voulais réaliser des choses avec plus de liberté ! ( sourire )

2 – Donc c’est ton expérience salariale, qui t’a fait devenir entrepreneure. Est-ce que ça été facile pour toi, de te faire une place dans le secteur de l’innovation ?

Pas vraiment ! Lorsque j’ai créé ma société en 2015, je venais de quitter mon emploi salarié. Je me suis confrontée à la différence de posture ! ( sourire ) Quand on est salarié, on n’a pas forcément la dynamique de développement de réseaux, de commercialisation… Alors que, quand on est une entrepreneure, on n’a pas le choix ! ( sourire )
Une fois cette posture adoptée, ce qui m’a permis de me faire une place – surtout en région parisienne où la concurrence est rude ! – c’est d’avoir une compétence particulière, peu répandue sur le marché : la valorisation de l’innovation. C’est grâce à cette compétence, que j’ai pu m’ouvrir des portes!

3- Du coup, quelle a été ta stratégie pour étoffer ta légitimité sur ces 5 années ?

Communiquer ! ( sourire ) L’idée de communiquer et de me faire connaître a été la clé. J’ai développé mon réseau sur internet : j’ai écrit pour des blogs et des magazines tel que Forbes, tout en mettant en avant mon expertise particulière. Ça a plutôt bien fonctionné ! ( sourire ) C’est grâce à ça, que j’ai pu rencontrer des personnes, développer mon réseau et me faire une place sur le marché de l’innovation.

4- Est-ce que tu dirais que ce souci de légitimité est une question de genre ?

C’est une très bonne question ! ( sourire ) Ce n’est pas une question facile car on n’est pas forcément impartiale. Mais il est vrai que la question de la légitimité se pose dans le secteur du conseil….

Les clients ont parfois une image biaisée du consultant : une personne de référence, en costume- cravate… C’est une image qui souffre de beaucoup de clichés, je trouve ! ( sourire ) Du coup, lorsque l’on communique comme consultante, il faut démontrer que l’on peut apporter une plus-value aux entreprises. Après, est-ce que le fait d’être une femme ajoute une difficulté supplémentaire ?… Je pense que ça joue… Est-ce que c’est une question de genre et/ou d’âge ? Personnellement, je ne l’ai pas conscientisé comme ça. En tout cas, communiquer sur mes compétences était pour moi, une façon d’assoir ma légitimité.

5- Du coup, est-ce que c’est grâce au recul que tu as pris sur tes difficultés, que tu participes au programme Elles Ensemble, de l’incubateur Le Comptoir ?

En réalité, ça c’est passé un peu par hasard ! ( rires ) Quand on est dans le milieu du conseil, aucun programme d’accompagnement n’existe sur ces sujets-là. Malheureusement, nous n’avons pas la bonne étiquette ! Or le programme Elles Ensemble m’a semblé très ouvert et de plus, axé sur un développement de proximité. Je suis basée en Seine-Saint-Denis. Mon objectif aujourd’hui, c’est de développer mon impact localement. Je me suis donc dit que ce programme, outre les conseils qu’il peut nous apporter et l’aspect miroir qu’il peut avoir, me permettrait d’être plus ancrée encore sur le territoire du 93. Et ainsi, d’aider au développement de la Seine-Saint-Denis.

6- Si tu avais un conseil à donner à des entrepreneures, venant comme toi de filières généralistes d’ingénieur, quel serait-il ?

De se poser les bonnes questions : il faut qu’elles se demandent ce qu’elles veulent apporter, et comment elles vont l’apporter. Ça peut être par l’entrepreneuriat mais pas nécessairement. Tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur ! Ça peut donc très bien être dans un cadre salarial. Mais l’idée, c’est de bien réfléchir à l’entreprise que l’on souhaiterait intégrer ou créer. Notamment pour essayer d’incarner ce que l’on est ! Je pense que lorsque l’on est ingénieur, il est important de ne pas se limiter à notre savoir et savoir-faire. Il faut aller au-delà ! Il faut bouger et ne pas avoir peur d’apprendre constamment.

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